Synopsis : Après l’avoir sauvé d’un voyou dangereux, une jeune femme paumée invite une prostituée dans son appartement miteux, s’engage alors un dialogue à coeur ouvert entre les deux écorchées.

Sandra-Jessica Koban entre à toute volée dans le monde du cinéma avec ce premier court-métrage présenté cette année au Festival de Cannes dans la catégorie Short Film Corner.

Scratch !

Cette jeune Normande nous livre un sombre huit-clos fonctionnant comme un diptyque : d’un côté les turpitudes du monde extérieur et, de l’autre, la solitude livide d’une chambre. En seulement huit minutes, l’œuvre aborde sans détour de nombreux aspects de la souffrance humaine : la misère (qu’elle soit sexuelle ou économique), la violence, l’errance juvénile et – pire que tout ! – la honte mêlée de regret survenant à parfois à l’heure des bilans.

Sandra Jessica-koban cogitait sur la prostitution depuis quelques années déjà. Il y a un an, elle crée avec un ami l’association Youvoi Film et peut maintenant donner corps aux questions qui la taraude. C’est que la jeune réalisatrice en a gros sur la patate ; la disparition précoce de ses parents et le handicap de sa sœur l’on doté d’une conscience aigue des injustices. Son cinéma se veut à la fois revendicatif et incisif ; prompt à aborder les thèmes les plus dérangeants.      

Scratch ! Scratch ! Scratch !

On retrouve Grégory Gatignol - qui jouait les ados pyromanes dans Les Choristes. L’acteur est glaçant dans ce rôle de jeune voyou aux appétits libidinaux aiguisés comme des poignards ! La jeune fille interprétée par Sandra-Jessica Koban, entre bravoure, fragilité et effronterie, renouvelle la figure de l’héroïne moderne. Enfin, le personnage de la prostituée (incarné par Alex Andréa) permet de porter un regard sans haine sur la souffrance ; la comprendre pour en faire sourdre la beauté cachée. Le dialogue engagé par les deux femmes, sans les guérir totalement, semble les soulager un peu de leurs fardeaux respectifs.

Scratch ! Scratch ! Scratch !

Scratch ! Le bruit du sparadrap que l’on arrache d’une plaie non encore guérie ? Scratch ! Le bruit du cache misère que l’on retire pour révéler l’innommable ? Si le titre implique un déchirement, il suggère également une urgence de dire et une libération.

Après cette première œuvre coup de poing, la jeune réalisatrice dévoile déjà les images d’Heliopsis, son prochain film avec Samy Naceri qui abordera le thème de la réinsertion. On ne doute pas que cette prochaine production sera aussi poignante et viscérale que la première !

Scratch ! Scratch ! Scratch !
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