sp-14237-g.jpgPuisque moi je crois au bien être des neurones et des zygomatiques,
je suis allée voir Smaïn qui est remonté sur les planches parisiennes pour son nouvel one-man-show. Mais où était-il donc passé ? Peu importe. Désormais il est là, parmi nous, avec sa pêche et sa tchatche d'enfer. Son éclipse n’a pas effacé la tendresse du public. La salle est avec lui, sensible à chacun de ses mots et de ses gestes. Les retrouvailles sont chaleureuses, mais il reste un peu timide, comme si son absence l’avait rempli d’une pudeur qui ne lui permet pas de se lâcher complètement.
Il a troqué son jean défraîchi contre un costard noir et il a les deux baskets de la même couleur. Mais il n’a pas changé. Ce beur qui s’est fondu dans la société française, fait toujours rimer intégration avec dérision.
C’est toujours l’acrobate des mots, le funambule de la satire, le lanceur de fléchettes pointues et piquantes, mais jamais empoisonnées.
Comique, mais aussi acteur, comédien de talent qui sait jouer des textes aux métaphores piquantes, truffés de toutes les subtilités de la langue française. On le suit dans un bus pour un petit tour touristique de Paris, on rentre dans le bistrot de son enfance et on se vautre sur un canapé chez le psy. De l'adoption à la police, du racisme aux élections présidentielles, il nous fait faire un tour de la société avec son langage fin, percutant et son humeur caustique.
Je sors légère comme une bulle de savon, le spectacle m’a lavé la tête. Et mes neurones et mes zygomatiques se portent bien, merci.

SMAIN
Théatre du Gymnase Marie Bell
du 03 Avril 2007 au 30 Juin 2007
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