Naples est une ville déconcertante. La première impression qu’on en ressent, c’est celle d’une ville bruyante etmarch---fenetre.jpg désordonnée, laissée à l’abandon.
De plus, Naples a une mauvaise réputation. Certains la trouvent même sale et répugnante.
Pour la comprendre, oubliez les idées préconçues et les villes musées, comme Rome, Venise ou Florence. Méprisée, répudiée et humiliée, Naples c’est une ville qui a souffert et qui souffre encore. Cinq tremblement de terre, un violent  bombardement en 1944, l’éruption du Vésuve, le plus haut taux de chômage d’Italie, le contrôle constant de la Mafia. Comment voulez-vous qu’elle reste proprette et aseptisée ? Avant de la juger, il faut la connaître. Parce que Naples à un double visage.
Elle peut déconcerter ou ensorceler, selon qu’on regarde l’un ou l’autre profil.
vico-san-paolo-quart-s.lorenzo.jpgSolaire et sombre, mystique et profane, ironique et fataliste, extravertie et mystérieuse, elle balance entre splendeur et misère. Moi, je suis tombée sous son charme. Pour vous en parler, il me faudrait écrire des tonnes de billets. Je vais juste essayer de vous livrer son âme en quelques-uns. Pour ça, il faut commencer par rentrer dans son cœur, dans ses tripes, là, dans son centre historique, à Spaccanapoli. Son nom signifie Casse-Naples. Drôle de nom pour un quartier, mais quand on le regarde du haut d'une colline, on en comprend vite la raison. Spaccanapoli taille en deux le centre historique, d'une coupe nette, comme la blessure d'une lame tranchante.
san-lorenzo-2.jpgEt c’est encore ici, à Spaccanapoli, que vous pouvez traverser l’histoire millénaire et vivante de Naples. Une ville passée par plusieurs dynasties (normande, souabe, angevine, aragonaise et espagnole) et qui a fini par garder un peu de chacune pour se façonner son visage gréco-romano-ibérique. Ce n’est donc pas étonnant de voir une ville sous la ville avec ses catacombes. Ou de croiser la Statue du Dieu Nil. Ou encore des Murailles Grecques qui se couchent sur des fondations grecques qui, elles, se reposent sur une coulée de lave. Baladez-vous dans ses ruelles, vous serez surpris à chaque pas. Tiens, une église romaine, celle-ci est du Moyen Age, celle-là de la Renaissance, l’autre du Baroque et juste à côté une autre, d'un pur style Rococo. 
santa-maria-maggioreweb.jpg C’est cortège de styles différents. Il y a plus de 500 églises, une tous les 30 mètres. Certaines même face à face. Vous pouvez vous en faire une overdose. Magnifiques à l’extérieur et délabrées à l’intérieur. Et vice-versa, évidemment. Le tout sur un fond de « vicoli » sombres ou de somptueux palais historiques, vieux de 5 siècles, des demeures aristocratiques en parfait état ou délabrées. Spaccanapoli est paradoxale et imprévisible, vivace et agréablement bordelique, grouillant de monde, de voitures klaxonnantes et de contrastes.  Ici, tout est vie. Lycées, Facultés, bars, pizzerias, pâtisseries, marché de poisson, de fruits et légumes et boutiques de produits régionaux, se suivent et s’alternent en drainant un monde fou. Ce centre historique c’est un échantillon des couleurs et des ambiances de la ville.
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Perdez-vous dans le dédale de « vicoli », ces ruelles étroites et sans trottoir et passez de surprise en surprise. Ici, où le sacré qui se mélange au profane.
Ne vous étonnez pas en découvrant une photo de Maradona, le dieu vivant des napolitains, encadré comme un saint, sur un mur, juste à l'entrée d’un café. Il vous invite à le prendre une photo. Et, tant qu’à faire, à rentrer dans le bar pour boire une petite tasse de café. Un peu plus loin, vous pourrez aussi tomber sur l’ospedale delle bambole, où depuis 1800, des experts artisans prennent soin des poupées malades, depuis déjà trois générations. Bien sûr, il n’y a pas d’horaires pour les visites, mais il suffit de passer un petit coup de fil au propriétaire, histoire de prendre rendez-vous.
En levant les yeux, vous pouvez découvrir, sur un balcon, des melons qui pendouillent entre ail et tomates, en côtoyant, bien sûr, l’immanquable linge étendu au soleil.
Vous rentrerez dans l'âme de Naples à chacun de vos pas, pendant que les vespas vrombissent tout autour de vous.
Un petit conseil : faute de vespa, pour visiter Spaccanapoli, prenez vos pieds. Mais pas la peine de frimer avec des talons aiguille. Rien ne vaut des bonnes baskets. Les rues sont pavées !

Renseignements pratiques :

Vol direct de Paris/Naples/Paris, avec Méridiana, environ 260 euros
De la gare au centre ville : Navette, 3 euros par personne ou environ 16 euros en taxi
Transports : Beaucoup de bus (bondés) et de mini-bus, plus chers, mais où vous pouvez vous assoir. Funiculaires : 3
Ospedale delle bambole : Pour prendre rendez-vous, tel. 081/5634744
Spaccanapoli : Centre historique formé par les rues S. Benedetto Croce, S. Biagio dei Librai, Vicaria Vecchia et via Tribunali.
Statue du Dieu Nile, Piazzetta Nile
Murailles Grecques, Place Calenda

Le Centre Ancien fait partie du plus vaste Centre Historique que l’UNESCO a déclaré "Patrimoine Mondial de l'humanité" en 1997.

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