En se promenant à Spaccanapoli, là où les immeubles se serrent les uns contre les autres, je grignote en marchant, je marche en grignotant. Comme font tous les napolitains à toute heure de la journée. Et pour cause.

15776055-p.jpgLes pâtisseries se suivent en faisant frémir papilles et pupilles. Les étalages abondent de babas dorés et moelleux, regorgeant de rhum, de « sfogliatelle » chaudes et croustillantes en forme de coquillage, fourrées de crème à la ricotta, parsemé de griottes ou de fruits confits. Ou bien de "struffoli", petites boules de pâte à beignets, frites dans l'huile et enrobées de miel.
Et comment résister aux « cannoli » tendres et savoureux, ou à la « pastiera », ce dessert au goût incomparable, à base de blé et de ricotta, aromatisé à l'essence de fleurs d'oranger.  Et j’arrête là, parce que rien qu’à y penser, j’ai à nouveau l’eau à la bouche. Non, je ne suis pas accro au sucré, mais c’est difficile de résister à toutes ses délices qui semblent vous faire un clin d’œil dès que vous passez devant. Surtout quand c’est Scaturchio, la mythique pâtisserie napolitaine. Et puis, quand on marche toute la journée, on ne risque pas de prendre du poids.

cristevoile.jpgAprès le péché de gourmandise, je rentre purifier mon esprit dans la chapelle San Severo. Dehors, rien d’extraordinaire, mais l’étonnement est à l’intérieur.
Ici plane le mystère du prince Raimondo di Sangro (XVIIIe siècle), l’alchimiste-philosophe-scientifique-anatomiste, un génie doté d'un imagination extraordinaire. Je me balade sous la voûte décorée avec des fresques aux couleurs intenses, dans une étrange atmosphère entre art et magie.Outre le réseau sanguin de deux hommes, pétrifié par une mystérieuse réalisation alchimique, la chapelle renferme des sculptures ésotériques d'artistes étonnantes et inégalées. Le Christ voilé est d’une beauté à couper le souffle. Par un savant jeu d’ombre et lumière et grâce à la virtuosité du sculpteur, le marbre se fait voile transparent et impalpable pour accentuer la souffrance du visage. L’effet est saisissant.

.marchand-specialit--s.jpgDu mystère à la réalité. Naples c'est ainsi.
A la sortie de la Chapelle, les magasins colorent la ruelle avec leurs spécialités régionales .
Une boutique croule sous des colliers de « provole » et de « scamorze », de jambons, de cascades de petites tomates.
Juste à côté, des étonnantes variétés de pâtes, toutes colorées et savoureuses, en forme de sombrero ou  de fleurs. On ne sait plus où donner de la tête.  Mozzarella di bufala (bufflonne), blanche comme neige, parmesan divinement alléchant, nougat tendre, huiles d'olive savoureuse. Et le délicieux limoncello, l’alcool fait avec le jus des succulents citrons de Sorrente. À des prix défiants, toute concurrence.
Vite, une autre valise pour tout ramener. Ici il y en a de très jolies, à partir de 15 euros.

Adresses utiles :

Chapelle Sansevero Via Francesco De Sanctis, 19
entrée payante : 6 euros/personne, mais ça vaut le coup.

Curiosités :
La chapelle des Sanvero est édifiée sur les fondements mêmes du temple où était vénérée la statue voilée de la déesse Isis. Le Prince Raimondo di Sangro était un personnage exceptionnel pour l’époque : il connaissait et maîtrisait  les propriétés des métaux, il savait déchiffrer le langage ésotérique des Indiens du Pérou, durcir les matériaux en les métallisant ou en les pétrifiant. Jusqu’aux marbres de sa célèbre chapelle dont certains sont d’origine alchimique.

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