Cinéma

Je sais, ça fait très branché et intelligent de dire du bien d'un film qu'on définit comme provocateur, subversif et qu'on compare à Fight Club ou à Las Vegas Parano. Mais, que voulez-vous, quand on s'emmerde tout le long du film, on ne va quand même pas l'encenser ! Et s'inspirer de Davis Ficher ou de Terry Gilliam ne suffit pas à remplir une histoire vide.
 
La petite histoire : Octave est le maître du monde : il exerce la profession de concepteur-rédacteur publicitaire. Il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft. Il est adulé et couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Pourtant deux événements vont bouleverser le cours de sa vie : sa petite amie, Sophie, qui lui annonce sa grossesse et une réunion chez Madone, le géant des produits laitiers. Ne sachant pas faire face à la réalité et bridé dans sa créativité par un client sans scrupule, Octave pète les plombs.

J'avais adoré la première partie du bouquin de Begbeider. Mais je m'étais ennuyée à mort pendant la deuxième, qui partait complètement en vrille. Manque de pot, Jan Kounen s'est concentré sur celle-ci.
Et voilà que, pour noyer le poisson, il a remplacé le vide de l'histoire par une enfilade de clips qui ressemblent à un long, interminable spot de pub. Et un spot d'une heure et demie, c’est dur à avaler. Surtout quand les ingrédients principaux sont sexe, sang et coke, sapoudrés de vomis et de masturbation. Vous l’avez compris, je ne suis pas fan des films gore et trash. Même si j’apprécie l’effort de Kounen de détourner le cauchemar d'Octave, en filmant sa parano à travers un kaléidoscope psychédélique à la « peace & love ».

Mais la forme n’arrive pas à remplacer le fond et le film se résume à un patchwork d’images très rythmées, sans fil conducteur, avec une overdose d'effets spéciaux et d’animations déjantées.
Les quelques notes originales se perdent dans la confusion d'images. De plus, la soi-disant dénonciation du milieu n’a aucune épaisseur. C'est bien de se la jouer à la Michael Moore, avec humour et provocation et s’attaquer la pub et la société de consommation. Mais il ne suffit pas de montrer quelques tics et quelques toc de la pub et de signer une comédie superficielle par un message grave et moralisateur.
En effet, si j’ai bien rigolé pendant la réunion client qui me rappelle mon quotidien de publicitaire, le reste demeure flou et se résume à des caricatures fugaces d’un client bête et méprisant, d’un DA transparent, d'un commercial fayot et d'un directeur de la création complètement à la ramasse. Il manque une véritable analyse du milieu et un brossage de la psychologie des personnages, sauf celui d'Octave, le créatif parano qui carbure à la cocaïne. Certes, il n'y a pas que des chaperons rouges dans la pub, mais la vie et l'univers de Beigbeder ne représentent pas non plus l'envers du décor.

Je ne sais pas si le spectateur est tombé dans le panneau, mais c'est quand même le comble de faire un pied de nez à la société de consommation avec un film qui n'est qu'un pur produit de la société de consommation.
Le réalisateur a bien retenu la leçon "Ne prenez pas les gens pour des cons, mais n'oubliez jamais qu'ils le sont".

Heureusement, il reste la sublime interprétation de Jean Dujardin déguisé en golden boy arrogant et blasé. Jean Dujardin a mis de l'âme à l'ouvrage, son jeu est formidable et il finit à lui tout seul par élever le niveau général.



Titre : 99 Francs                                                                                     
Genre : comédie                                                                                         
Date de sortie : 26 Septembre 2007  
Durée : 1h40 min.                                                                       
Réalisation : Jan Kounen                                                                    
Acteurs : Jean Dujardin, Vahina Giocante, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille, Elisa Tovati, François Levantal       Film français. DVD
Editeur : Pathé distribution 

Retour à l'accueil