Aujourd’hui je troque ma casquette de directeur de la création pour celle de blogueur. Direction : l'Université d'été du Medef, à Jouy-en-Josas.

Par ici le VIP. Cette année, la vitrine des patrons réunit 60 chefs d’entreprises (dont 16 du CAC 40) et une trentaine de ministres. On devine leur importance à la nuance de leur bronzage.

Mon badge est angélique et coloré, tout comme le décor ; un papillon rouge et bleu, une guirlande de fleurs et feuilles, un toucan au bec coloré… Et, à gauche, en gros plan, un enfant d’autrefois, du temps où les enfants étaient encore confiants en l’avenir.
     

Bienvenue au pays des bisounours. Cette année, l'Université d'été du Medef a pour titre :« À la recherche des temps nouveaux » Autrement dit : Comment imaginer le futur avec les gens du passé ? Justement, comment ? Mais avec la "Positive attitude" !

Laurence Parisot a changé son regard-revolver en regard-myosotis et choisi de donner un sourire aux problèmes. La décroissance est prospère, le capitalisme est éthique et la liberté impérissable. 
  

On y croirait presque. La présidente du Médef sait travailler l'image et connaît la communication « Nous voulons être un espace anti-idées reçues, un espace anti-préjugés ». Le ton est donné.

Côté ouverture sur le monde, elle a mélangé la droite et la gauche, convié des responsables syndicaux, mais aussi Clara Rojas, ex-otage des Farc en Colombie, Mathieu Ricard, moine bouddhiste, Lech Walesa, co-fondateur du syndicat Solidarnosc, Alain Prost, cour eur automobile, Claude Laurius, glaciologue, Yamina Benguigui, cinéaste, des philosophes et même un archevêque.

Lech Walesa, l’invité d'honneur de l’Université d'été du Medef, a suivi la mouvance. Lors de la plénière exceptionnelle, l'ancien président de Pologne et prix Nobel de la Paix a clamé qu'il y a une solution à chaque problème, peu importe si ça ne marche pas à tous les coups. "Même un prix Nobel peut connaître un échec, un jour." Et qu’en cette période de crise plus que jamais, "la solidarité doit être la révolution du XXIème siècle".
Bref, un discours positif et optimiste coordonné avec tout le reste.
   

Laurence Parisot est arrivée à redonner la pêche aux patrons et à donner à cette Université une image décalée, moderne, positive, à l'écoute de la société et parée pour faire pousser des idées.
La patronne des patrons prépare le terrain pour sa prochaine élection au printemps ? Ou ses 50 ans sont un nouveau point de départ ?

On nous a dit mantes fois qu’une attitude positive est le moteur de la réussite. Je confirme, ça marche ! Le moral des troupes est regonflé, les patrons ont le sentiment que, malgré une année agitée, tout va dans le meilleur des mondes.

Et, si aujourd’hui il pleut sur le campus d’HEC, de temps en temps, quelques rayons de soleil viennent illuminer le paysage. Sûrement un signe.

Pourtant je quitte Jouy-en-Josas avec un regret. Cette année, le traditionnel polo du Medef m'est passé sous le nez. Les chefs d’entreprise ont fait la queue avant moi au stand de Vicomte Arthur et ils ont tout raflé. Une question me tourmente : Comment pourrais-je sortir de la crise, sans mon polo ? Beh oui, évidemment, je vais adopter la « Medef attitude ». Avec Laurence, je positive.

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