Jusqu’ici, seules nos grands-mères se souvenaient de la Maison Worth, éteinte depuis les années '50. Seuls les musées ou des collections privées, abritaient encore ces robes fastueuses crées par Charles-Frédérick Worth et ses descendants, un siècle durant. Aujourd’hui, cette belle endormie se réveille et s’étire sous le baiser d’un prince charmant : le styliste Giovanni Bedin.

 mode 6099 (Medium)mode 6114 (Medium)mode 6127 (Medium)C’est au coeur d'un hôtel Napoléon III, que la nouvelle Maison Worth présente sa collection Printemps-Eté 2012. Ambiance musicale et feutrée, loin des podiums et du catwalk habituels de la fashion week. Sur le parquet d’époque résonnent les pas de ravissantes dames chaussées par Louboutin et vêtues comme pour une grande soirée. Des hommes soignés chuchotent avec sérieux, une coupe à la main. Les attachées de presse, se pressent.

mode-6149--Medium-.jpgDans la pénombre, les stars du show, les somptueux tutus imaginés par Giovanni Bedin,Portrait Giovanni Bedin le directeur artistique de Worth Couture, déroulent un ballet immobile. De riches broderies, des fils d’or, des abeilles de gaze, des sequins décorent chaque pièce constituée de mousseuses couches de tulle blanc, rose, turquoise, noir. Minutieusement réalisées à la main, ces robes corsetées, célèbrent les fastes du 19e siècle et le génie créateur de Charles-Fréderick Worth, inventeur de la Haute Couture qui habilla la plus prestigieuse des personnalités d’alors : l’Impératrice Eugénie. Une telle féérie réflète la loyauté et la passion de la griffe d’aujourd’hui pour le travail artisanal d’hier, typique des ateliers de Haute Couture.

On sort de ce voyage dans le temps et on cligne des yeux, comme ébloui. On croise l’ombre fugace du Duc de Morny, on perçoit en’écho le rire perlé de la Comtesse Greffhule. On n’est pas loin de Proust.

Dehors, il pleut.

 

Olivia van Hoegarden

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