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Je vous conseille très vivement d'aller voir cette expo. Pierre Soulages c'est l’une des figures majeures de l’abstraction depuis la Seconde Guerre mondiale. Son extraordinaire démarche intellectuelle et esthétique, la singularité de son œuvre, la mise en scène de la lumière sont uniques. C'est impossible de passer à côté. Moi, j'ai compris et apprécié  sa démarche, je suis admirative devant son audace et son œuvre, mais je n'ai été profondément touchée. Quoique... 

Ca faisait longtemps que je voulais aller voir les œuvres du «Peintre du noir et de la lumière».
J'ai pu enfin le suivre dans sa quête de l'outrenoir au Centre Pompidou, à travers plus d'une centaine d'œuvres réparties sur 3000 m². La première partie m'a paru riche de promesses.
Le parcours initiatique démarre dans les années 1947-1950 à travers les brous de noix sur papier, ses premières peintures, la transparence par raclage et les fameux goudrons sur verre. 
Et j'ai eu le souffle coupé dans la salle de l'«Outrenoir». Ces toiles monopigmentaires qui
cherchent la réflexion de la lumière sur tous les états de surface du noir sont surprenantes, magiques. Un choc visuel qui change le regard de celui qui observe.
 Cette lumière sécrète qui a guidée la volonté tenace du peintre pendant toute sa vie afin d'obtenir un noir intense qui ne cesse de se transformer selon l’angle par lequel on l’aborde.

Une recherche qui évolue sans cesse, sur toutes les surfaces et par tous les moyens possibles.
A travers des grandes bandes sombres, régulières ou épaisses. Ou par la matière qu'il projette, superpose ou juxtapose. Ou encore à travers les nuances de gris. Tantôt une touche de blanc ou de couleur apparaît, comme une fenêtre ouverte. Mais on revient immédiatement à sa réalité vue à travers son philtre obsessionnellement, radicalement, irrimediablement noir. 

C'est peut-être parce que je vibre devant la couleur ou parce que l'abstraction absolue, le systématisme et les démarches cérébrales, à la longue, finissent par me lasser, mais j'ai fini
par décrocher. J'ai trouvé sa peinture magnifique, mais immobile, grave et sans sentimentalisme.
Courageuse, sublime, mais muette. Et sans mots, je n'ai pas bien entendu la voix de l'émoi.
Au point que les grands polyptyques, à la fin du parcours, m'ont fait l'effet de magnifiques portes fermées.

Pourtant elles comment déjà à s'ouvrir tout doucement. Il m'a fallu du recul et de la réflexion.
Ce n'est pas lui même qui disait : “ Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire ". Se poser des questions, c'est déjà commencer à trouver des réponses. Et si je finissais par l'aimer ?

Babette Auvray-Pagnozzi

 INFOS : Centre Pompidou du 14 Octobre 2009 au 8 Mars 2010

11H00 - 21H00 - Tous les jours sauf mardi et le 1er mai

Nocturne : jeudi jusqu'à 23h - 12€, tarif réduit 9€

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