Partager l'article ! Le Prix Plume d'Agence, un conte pour pubards: Il était une fois... des artistes fous amoureux qui passaient leurs jours et leurs nuits à l ...
Il était une fois... des artistes fous amoureux qui passaient leurs jours et leurs nuits à la recherche de nouvelles idées, plus merveilleuses les unes que les autres, pour les offrir à leur bien aimée. Ils enchaînaient les charrettes, les brainstormings et les plan's boards pour lui offrir tout ce qu'ils avaient de plus beau. Mais elle restait indifférente et les laissait seuls dans l'anonymat. Tel était le contrat.
Bien-sûr, le monde entier avait l'oeil
sur leur travail, l'admirait ou le dénigrait, mais personne ne connaissait leur nom car ce sont d'autres signatures qui ornaient leurs oeuvres : Coca-Cola, Nike,
Apple...
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La frustration était telle qu'ils hésitaient à se considérer comme artiste ou vendeur, auteur ou comédien, écrivain ou nègre. À la question "que faites vous dans la vie ?", ils répondaient constamment avec une fausse nonchalance : "ben, j'suis dans la pub".
"Il était une marque"... entendit leur détresse et voulut leur donner une chance de se faire
remarquer. Après avoir secrètement pensé à transformer leurs vélos en limousines, ou à leur faire pousser des nattes, l'agence eut enfin l'idée lumineuse de leur demander d'écrire autre chose
qu'une accroche, et de les récompenser pour leur talent en créant un concours de nouvelles. Et hop ! D'un coup de baguette magique, les soucis des petits artistes seraient résolus : ils
pourraient enfin signer leur création, tout en la dédiant à l'amour de leur vie : la publicité.
C'est ainsi qu'une très belle histoire commença : celle du Prix Plume d'Agence.
La première page s'est écrite l'année dernière et vous avait été raconté par Babette Auvray-Pagnozzi, membre du jury, sur son autre blog Le jour sans pub.
Grâce au succès de cette première édition, c'est ce jeudi 11 mars 2010, au superbe "château" de la Société des Gens de Lettres, que s'est ouvert le bal. Ce soir là, pas besoin de se
battre pour défendre son oeuvre, pas besoin de remballer sa fierté devant un commercial qui pense que l'idée n'est pas vendable ou un client de mauvaise humeur. Ce soir là, la bonne fée a jeté un
sort : l'assemblée est seulement là pour applaudir, échanger, féliciter, et même demander des autographes ! Aaah, quelle bouffée d'air frais pour des artistes en mal de reconnaissance !

J'étais là parmi tut ce beau monde. Le palmarès a été une nouvelle fois un délice, un délice qui commence avec Marc Desmazières qui nous emmène dans un tourbillon de la vie (Mauvaise Graine,
Grand Prix Plume d'Agence 2010).
Puis Jean-Sébastien Loygue nous pousse dans un tourbillon de folie (Noire Soeur, Prix de la créativité CB News). Laurent Gidon passe nous chercher pour assister à une leçon de vie (Ecran des
Larmes, Mention spéciale), et nous laisse dans les coulisses du métro avec Stéphanie Guillaume (Rimbaud et moi, Mention spéciale). Anaïs Delaroche nous prend sur la route mais on a droit à une
petite panne d'essence (Espero, espero), alors Pierre Delobel prend le relais pour nous conduire à la remise des prix du Tueur de l'Année (Et la lame d'or est attribuée à... , ma préférée !!).
Après ça, Bruno Hermanche s'est dit qu'un petit rendez-vous chez le psy ne serait pas mal (Rejoins-moi), puis Frédéric Maillard nous raconte les déboires d'un couple quasi-centenaire (Et pour le
pire). Et là, on rencontre Elise Milicevic qui nous refait le coup de la panne, mais en musique cette fois (Kyrie), puis on termine en beauté par la nouvelle écolo de Louis Roman dont, je suis
sûre, tout le monde a adoré la chute (Le chemin du bout du monde).
C'est, des paillettes plein les yeux, que je referme "Mauvaise graine et autres nouvelles", en pensant tout bas que la bonne fée passera peut-être au dessus de mon bureau. La morale de cette
histoire, c'est qu'un publicitaire est avant tout un talent qui mérite d'être révélé. Mais avouez que les publicitaires n'ont pas vraiment choisi la lumière, mis à part celle des néons de
l'agence. Artistes de l'ombre, il vous reste quelques mois pour vous munir de votre plus belle plume et tenter de sortir de l'anonymat l'année prochaine. Car le prix Plume d'Agence, c'est une merveilleuse idée qui, on l'espère tous, va durer, durer, durer...
Et grâce à l'enchantement de la bonne fée, les artistes anonymes retrouvèrent leur fierté, et la belle indifférente se fit pardonner. De nouveau réunis, ils vécurent heureux et créèrent beaucoup de pubs.
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