Mardi soir, votre dévouée servante avait mis sa petite robe noire pour se rendre dans le très classe faubourg Saint Germain et assister à la remise de prix du Festival des vidéos contre l’illettrisme, grande et belle cause s’il en fut.

Bien sûr, je n’étais pas seule sur le coup, à la Maison de l’Amérique latine. Pas moins de 300 personnes avec qui j’ai dû partager Frédéric Taddéï (une révérence), et Sa Seigneurie Gonzague Saint-Bris (une génuflexion) revêtu d’une magnifique veste d’un beau violet épiscopal. N’étaient pas venus, mais ils avaient un petit mot de leur maman, en l’occurrence une vidéo, Patrick Poivre d’Arvor, Irène Frain et Luc Ferry qui ont tous avoué en choeur une ascendance qui ne savait ni lire ni écrire, ont juré craché que l’illettrisme était un fléau contre lequel ils se battraient jusqu’à la mort, vous savez comment il est PPDA, toujours un peu fou, romantique, les cheveux d’une jolie couleur blonde, prêt à affronter les plus grands moulins de cette terre. Ferry a proposé de faire comme en Finlande et de dédoubler les CP (si seulement!). Irène Frain a…dit…Euh, je me souviens plus.
La lutte contre l’illettrisme peut se flatter de voir d’autres jolies marraines se pencher sur son berceau : Yamina Benguigui, Aïda Thouiri – présentatrice et journaliste TV – et de beaux parrains, Léo Scheer, éditeur et Tonino Benacquista, écrivain.

La lutte contre l’illettrisme comment ça marche? 
 D’abord, on crée le Festival “Mot à Maux” et on propose à de jeunes vidéastes de réaliser des petits films pour Internet afin de sensibiliser à ce problème qui touche tout-de-même 3 millions d’adultes en France! On réunit un jury présidé par Frédéric Taddeï, je vous l’ai déjà dit, non?  Et on sélectionne le clip sensé alerter le mieux les érudits, blogueurs, publicitaires (bonsoir Bertrand Suchet, PDG de l’agence DDB), journalistes,écrivains ou leaders d’opinion que nous sommes. Ledit Frédéric, oui je l’appelle Frédéric, voire Fred, depuis qu’il s’invite en live tous les soirs de semaine sur mon écran HD avec son émission de 3e partie de soirée et qu’à cause de lui, je me couche trop tard. Fred donc a fait un petit discours, bref mais bon, dans lequel il a expliqué la différence entre l’analphabétisme et l’illettrisme. Le premier regroupe ceux qui n’ont jamais appris à lire ou à écrire, le second, ceux qui ont appris mais qui, au détour de l’adolescence ont abandonné tout espoir d’apprendre. Intéressant, je ressortirai de là moins bête qu’en entrant. Puis, Fred s’est excusé et s’est tiré sans même finir sa coupette : il avait un direct sur le gaz et un Président qui s’expliquait sur son remaniement, enfin celui de Fillon. 
Oui mais bon, qui “On”? Hé oui, un festival, ça ne se trouve pas sous le pas d’un cheval. Alors qui s’y colle? Le Syndicat de la Presse Sociale (SPS), présidé (encore un président) par Philippe Marchal et une instance gouvernementale, bien sûr, l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme (ANLCI). Déjà 15 ans qu’ils s’engagent ensemble, une union solide et fidèle pour tenter d’éradiquer cette défaillance qui peut isoler ses “victimes” du monde extérieur et les marginaliser.

Monsieur Marchal aussi, il a fait un discours: “(…) L’illettrisme comme forme d’exclusion, une prison mentale, un bannissement hors des murs de la cité.” Et il encore dit comme ça : “Qu’avec le SPS et l’ANCLI dans la lutte, les pouvoirs publics ont réaffirmé dans la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, et tout récemment encore, que la lutte contre l’illettrisme est une priorité nationale.”Qu’est ce qu’il cause bien cet homme, j’en ai été toute chamboulée et j’ai mesuré ma chance de savoir lire et écrire. Calculer, c’est une autre histoire, demandez à mon banquier. Les réalisateurs : des jeunes créateurs bénévoles.

Alors, on a visionné les vidéos, construites comme des films publicitaires. Le grand prix du public a été attribué à un clip qui met en scène un papa illettré qui vient de se voir jeter pour la n’ième fois par un DRH sans coeur en raison de son incapacité à mettre en mot, un projet. Puis, il trouve dans son journal, un poème de son fils, il le lit tant bien que mal et le voilà tout requinqué. L’ancienne créative que je suis n’est pas entièrement d’accord avec le choix du jury. Un peu mièvre à mon goût mais bon, je sais bien que quand on tire sur la corde sensible, on arrache des larmes. J’ai de loin préféré deux oeuvres plus grinçantes, “Il love Hitler” et “Le banquier qui confond illettrisme et autisme”, les deux ont déclenché les rires ce qui est, à mon humble avis, la garantie d’être vu, sans pour autant cannibaliser le message : “Illettrisme. Impliquez-vous”.
La distribution des prix comptait également un prix spécial du jury (on se croirait à Cannes!) remporté par Marc Ory, vidéaste, un prix Facebook et un prix Twitter, comma ça, pas de jaloux!

 Après toutes ces émotions, on a pu se ruer sur le buffet où, cette fois, j’ai tapé l’incruste sans état d’âme. Tout était délicieux et le champagne bien frappé et…à volonté. Cornaquée par mon amie, la sémillante Babette grâce à qui j’assistais à cette soirée, j’ai lié connaissance avec les lauréats du prix Twitter, Charles et Joris, étudiants en communication et potentiels jeunes créas d’agence…. l’espoir fait vivre.
À leur image, tous les jeunes créateurs qui ont participé bénévolement au Festival “Mot à Maux, ont su chacun avec son talent, mettre en scène de manière distanciée, le problème de l’Illettrisme. Avec le Président pour concurrent en audience, ce soir-là, dur de faire passer un message. Aussi bien humblement, je me fais leur relais et je vous le dis, impliquez-vous, nom d’une plume !  
 Pour s’impliquer : http://www.facebook.com/motamaux?=wallwww.sps.fr  et www.anlci.gouv.fr 
       par Olivia van Hoegarden

 

 

Retour à l'accueil